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Éviter les bouchons : le faux covoiturage en vogue !

Les embouteillages, tout le monde les déteste. Et certains conducteurs sont prêts à beaucoup pour les éviter. Beaucoup trop, parfois. Aux États-Unis, une tendance aussi créative qu’illégale a fait son apparition sur les autoroutes. Installer un mannequin sur le siège passager pour accéder aux voies réservées au covoiturage. Une ruse qui fait sourire, jusqu’au moment […]

Les embouteillages, tout le monde les déteste. Et certains conducteurs sont prêts à beaucoup pour les éviter. Beaucoup trop, parfois.

Aux États-Unis, une tendance aussi créative qu’illégale a fait son apparition sur les autoroutes. Installer un mannequin sur le siège passager pour accéder aux voies réservées au covoiturage. Une ruse qui fait sourire, jusqu’au moment où les forces de l’ordre frappent à la vitre.

Quand des conducteurs installent des mannequins pour esquiver les embouteillages

Il y a des idées qu’on a tous eues en fixant un bouchon interminable sur l’autoroute. La voie de gauche file à bonne allure, réservée aux véhicules avec au moins deux passagers à bord. Et là, l’idée germe. Et si on trichait un peu ? Aux États-Unis, certains conducteurs ont franchi le pas. Avec un passager en plastique.

Le mannequin, nouvel ami du conducteur pressé

Tout a commencé en Californie. Un automobiliste intercepté sur une voie réservée au covoiturage se retrouve face à un policier qui frappe à sa vitre. Sur le siège passager, bien sanglé et silencieux, un mannequin. Habillé, coiffé, installé avec soin pour donner l’illusion d’un vrai passager. L’histoire a été rapportée par la chaîne NBC et depuis, elle a fait le tour des rédactions automobiles du monde entier.

Ce que ce conducteur n’avait pas anticipé, c’est que les forces de l’ordre américaines étaient déjà au courant de l’astuce. Des patrouilles spécifiques ont été mises en place dans plusieurs États, notamment en Californie et au Massachusetts, pour repérer ces silhouettes trop immobiles. Ces têtes qui ne bougent pas avec les virages, ces passagers qui fixent le vide avec une constance suspecte.

Les policiers ont même développé un sens du détail assez fin pour ce genre de fraude. Un passager qui ne tourne jamais la tête, dont les habits semblent un peu trop rigides, dont la posture ne change pas sur cent kilomètres. Autant de signes qui trahissent l’imposture.

Une créativité inversement proportionnelle à la discrétion

Au fil des années, les tentatives se sont multipliées et diversifiées. Certains conducteurs ont opté pour des gonflables, d’autres pour des mannequins de couturière rafistolés, d’autres encore pour des peluches géantes portant une casquette. Le niveau de sophistication varie, mais le principe reste le même, faire croire qu’on n’est pas seul.

Les autorités américaines ont réagi avec une pointe d’humour sur les réseaux sociaux, publiant parfois des photos des saisies les plus cocasses. Un squelette d’Halloween dans un siège enfant, un mannequin de vitrine avec des lunettes de soleil, une poupée gonflable en imperméable. La liste est longue et chaque fois, les commentaires s’enflamment.

Mais derrière le côté drolatique de l’affaire, la réalité est moins amusante pour les contrevenants. Les amendes tombent, et elles sont salées selon les États. La fraude aux voies réservées est prise au sérieux outre-Atlantique, où ces voies existent depuis les années 1970 et font partie intégrante de la culture routière.

Et en France, est-ce qu’on en est là ?

Pas encore. Mais les voies de covoiturage arrivent à grande vitesse sur les routes françaises et avec elles, la tentation de tricher. Les premières ont vu le jour en 2020, d’abord sur l’A48 entre Lyon et Grenoble, puis sur d’autres axes majeurs. Depuis mars 2025, Paris dispose de sa propre voie réservée sur le périphérique.

Les autorités françaises ont tiré les leçons de l’expérience américaine. Des systèmes de contrôle ont été déployés, capables de compter les occupants d’un véhicule et, selon les fabricants, de distinguer un être humain d’un mannequin..

Qui peut rouler sur voie covoiturage ? Ce que dit la loi en France

Une voie de covoiturage est réservée aux véhicules transportant au minimum deux personnes à bord, conducteur inclus. Elle est également accessible aux taxis, aux VTC, aux véhicules de secours, aux bus et aux transports en commun. Les véhicules 100 % électriques ou hydrogène, identifiables par leur vignette Crit’Air zéro, peuvent aussi l’emprunter seuls à bord sur certains axes. Ces voies sont signalées par un panneau carré avec un losange blanc. Quand le panneau est allumé, la voie est active. Quand il est éteint, tout le monde peut y circuler.

Comment prouver le covoiturage ?

C’est la question que beaucoup se posent au moment de s’engager sur la voie réservée. En réalité, il n’existe pas de document officiel à présenter pour justifier qu’on covoiture. La preuve est avant tout visuelle. Les agents et les caméras constatent simplement le nombre de personnes présentes dans le véhicule.

Sur le périphérique parisien, un système de vidéo-verbalisation assistée par intelligence artificielle a été déployé depuis mai 2025. Dix caméras analysent le flux de véhicules en temps réel, comptent les occupants à l’avant comme à l’arrière. Et transmettent les images suspectes à un agent de la police municipale. C’est lui qui valide ou non l’infraction avant qu’une amende soit émise.

En cas de contrôle par un agent sur le terrain, la présence physique du passager suffit. Pas besoin d’application, de contrat ou de preuve écrite pour un covoiturage entre particuliers. En revanche, pour les conducteurs inscrits sur des plateformes de covoiturage domicile-travail, certaines collectivités demandent parfois de présenter un badge ou une preuve d’inscription pour bénéficier d’avantages supplémentaires.

Peut-on covoiturer avec son conjoint ?

Oui, sans aucune restriction. La loi ne fait aucune distinction selon la relation entre les occupants du véhicule. Deux collègues, deux amis, un parent et son enfant, un couple, deux inconnus qui se partagent un trajet. Tous sont traités de la même façon aux yeux de la réglementation.

Ce point mérite d’être souligné, car beaucoup pensent que le covoiturage implique obligatoirement un échange marchand ou une plateforme dédiée. Rien de tout cela. Du moment qu’il y a au moins deux personnes réelles dans le véhicule, la voie est accessible. Même un bébé en siège auto compte comme passager à part entière.

La seule exigence, c’est que les personnes soient bel et bien présentes physiquement dans le véhicule au moment où il circule sur la voie réservée. Un passager fantôme, même bien habillé, ne tiendra pas longtemps face aux caméras de reconnaissance de forme.

Quelles sont les peines encourues pour circuler sur une voie réservée ?

La sanction est claire et uniforme sur l’ensemble du territoire. Circuler seul sur une voie de covoiturage active expose à une contravention de quatrième classe, soit 135 euros d’amende forfaitaire. Cette amende tombe à 90 euros en cas de paiement rapide. En cas de contestation jugée non fondée par le tribunal de police, elle peut grimper jusqu’à 750 euros.

Bonne nouvelle pour le permis, aucun retrait de points n’est prévu pour cette infraction. Pas de risque de suspension non plus. Le vrai covoiturage, lui, reste gratuit, légal, et contribue à désengorger des axes qui en ont franchement besoin.

Le vrai covoiturage, le seul qui vaille vraiment le détour

Le mannequin sur le siège passager fait sourire. Mais il finit presque toujours par coûter cher à celui qui l’a installé. Les forces de l’ordre ont l’œil, les caméras aussi et les amendes ne font pas dans la dentelle.

Un collègue, un voisin, un conjoint : dès que deux personnes montent dans le même véhicule, la voie réservée s’ouvre légalement. Aucune paperasse, aucun frais, aucun risque.