- Auto
- Culture
- Documents
- Moto
Lettres interdites sur les plaques d’immatriculation : pourquoi I, O et U ont disparu de nos routes
Regardez la plaque du véhicule qui vous précède. Puis celle du suivant. Et encore une autre. Vous pouvez chercher longtemps : vous n’y trouverez jamais de I, de O ni de U. Ce n’est pas un hasard, ni un oubli. C’est une décision réglementaire précise, prise lors de la refonte du système d’immatriculation français en […]
Publié par Pierre Hello | Dernière mise à jour : 15/03/2026
Regardez la plaque du véhicule qui vous précède. Puis celle du suivant. Et encore une autre. Vous pouvez chercher longtemps : vous n’y trouverez jamais de I, de O ni de U.
Ce n’est pas un hasard, ni un oubli. C’est une décision réglementaire précise, prise lors de la refonte du système d’immatriculation français en 2009. Derrière cette discrétion se cache une logique bien plus concrète qu’il n’y paraît.
Quelles sont les 3 lettres interdites sur les plaques d’immatriculation ?
Depuis l’entrée en vigueur du SIV en 2009, toutes les plaques françaises suivent le même format : deux lettres, trois chiffres, deux lettres. Un système simple, automatisé, pensé pour durer plusieurs décennies. Mais dans cet alphabet apparent, trois lettres sont portées disparues. Le I, le O et le U ne figurent sur aucune plaque en circulation. Jamais. Et ce n’est pas un bug du système, c’est une règle gravée dans la réglementation.
Pourquoi pas de U sur les immatriculations ?
La réponse tient en un mot : lisibilité. Chacune de ces trois lettres ressemble de trop près à un autre caractère, et c’est là que le problème commence.
Le I se confond facilement avec le chiffre 1. Sur une plaque sale, usée, photographiée de biais par un radar ou lue à grande vitesse, la différence devient presque imperceptible. Le O pose le même genre de problème face au zéro. À l’œil, les deux caractères sont quasi identiques, surtout sur certaines typographies ou dans de mauvaises conditions lumineuses.
Quant au U, son sosie, c’est la lettre V. Selon l’angle de lecture et l’état de la plaque, les deux peuvent facilement se substituer l’un à l’autre. Une confusion anodine en apparence, mais aux conséquences bien réelles. Un PV pour excès de vitesse envoyé au mauvais conducteur, un véhicule mal identifié après un accident. Ou encore une erreur dans les fichiers des forces de l’ordre.
C’est pourquoi le ministère de l’Intérieur a tranché dès le départ. Ces trois lettres ne seraient tout simplement pas utilisées. Mieux vaut réduire le champ des possibles que multiplier les risques d’erreur dans un système qui gère des dizaines de millions de véhicules. Selon l’ANTS, le format retenu offre tout de même près de 290 millions de combinaisons possibles, soit de quoi tenir environ soixante-dix ans sans manquer de numéros disponibles.
Quelle combinaison de lettres est interdite sur les plaques d’immatriculation en France ?
Au-delà des trois lettres isolées, il existe une combinaison supplémentaire qui ne figurera jamais sur une plaque française. Les deux lettres SS côte à côte.
Cette exclusion n’a rien à voir avec la lisibilité. Elle relève d’une toute autre logique, historique et mémorielle. Les lettres SS renvoient directement à la Schutzstaffel, l’organisation paramilitaire nazie qui a joué un rôle central dans la déportation et l’extermination pendant la Seconde Guerre Mondiale. Laisser cette combinaison apparaître sur des plaques circulant dans l’espace public aurait été perçu, à juste titre, comme une offense à la mémoire collective.
Le cadre légal est d’ailleurs explicite sur ce point. L’article R645-1 du Code pénal réprime le port ou l’exhibition d’insignes ou emblèmes rappelant ceux d’organisations responsables de crimes contre l’humanité. C’est sur cette base que la combinaison SS a été exclue du SIV dès son lancement.
À noter que d’autres combinaisons peuvent localement soulever des sensibilités, comme les lettres AZF dans la région toulousaine, en référence à la catastrophe industrielle de 2001. Mais à l’échelle nationale, les seules exclusions officiellement documentées restent le I, le O, le U, et le groupe SS.
Ce que le SIV décide à votre place et ce qu’il vous laisse choisir
Peut-on influencer le numéro attribué ? Choisir ses lettres, demander une combinaison particulière, éviter une suite qui prête à sourire ? La réponse du système est sans appel, et elle surprend parfois.
Est-il possible de choisir les lettres de sa plaque d’immatriculation ?
Non, et ce n’est pas négociable. Le numéro d’immatriculation est attribué automatiquement par le système informatique centralisé du SIV, dans un ordre strictement chronologique. Le premier numéro délivré était AA-001-AA. Les combinaisons s’enchaînent depuis lors dans un ordre prédéfini, sans que personne ne puisse intervenir dans la séquence.
Cela signifie qu’il est impossible de réclamer un numéro précis, d’en refuser un autre, ou de payer pour obtenir une combinaison de son choix. Le numéro est attribué le jour de la première immatriculation du véhicule, et il lui reste attaché jusqu’à sa destruction. Même en cas de changement de propriétaire ou de déménagement dans un autre département, le numéro ne change pas.
Certains conducteurs se retrouvent ainsi avec des combinaisons qui les font sourire, les gênent, ou leur rappellent quelque chose qu’ils auraient préféré oublier. Le système ne fait pas dans la dentelle. Des suites comme PQ, KK, WC ou encore PT font partie des attributions possibles et aucun recours administratif ne permet d’y échapper.
La seule vraie exception concerne les véhicules de collection. Leurs propriétaires peuvent, sous conditions, conserver les plaques d’origine au format ancien, tout en faisant figurer un numéro SIV. Une tolérance patrimoniale, mais qui reste encadrée.
Et pour la plaque elle-même, que peut-on personnaliser ?
Si le numéro échappe totalement au choix du conducteur, la plaque physique offre une petite marge de liberté, dans un cadre bien défini.
La seule vraie personnalisation autorisée concerne l’identifiant territorial, la petite bandelette bleue apposée à droite de la plaque. Le conducteur peut y choisir librement le numéro du département et le logo de la région correspondante. Un Breton installé à Paris peut très bien afficher le 29 et le blason de la Bretagne sur sa plaque parisienne. Aucune obligation de coller son lieu de résidence.
En revanche, tout le reste est strictement encadré. Le fond de la plaque doit être blanc, les caractères noirs. Aucun sticker, aucun autocollant, aucune modification de la typographie ne sont autorisés. Peindre son numéro directement sur la carrosserie est également interdit. La plaque doit être homologuée, fabriquée par un professionnel habilité et conforme aux normes en vigueur.
Ces règles peuvent sembler rigides, mais elles ont une raison d’être. Une plaque lisible, uniforme et conforme, c’est une identification fiable pour les radars, les forces de l’ordre, et les assureurs. Toute fantaisie sur ce point expose le conducteur à une amende pouvant atteindre 750 euros.
Commander sa plaque d’immatriculation auprès d’un fabricant habilité comme mesplaques.fr, c’est s’assurer que chaque détail respecte la réglementation. Sans avoir à vérifier soi-même chaque point technique.
Une plaque conforme, jusque dans ses moindres détails
Le système SIV ne laisse pas grand-chose au hasard. Les lettres choisies, les combinaisons autorisées, le format imposé. Tout répond à une logique pensée pour durer et pour éviter les erreurs d’identification sur des millions de véhicules.
Ce que le conducteur ne peut pas décider sur son numéro, il peut en revanche le soigner sur sa plaque. Un fabricant habilité, des matériaux conformes, une typographie réglementaire, ces détails font toute la différence au moment d’un contrôle.